Bénéficier d’un regard externe

Notre cerveau devient toujours aveugle envers ses propres fautes. Dans ces moments, le regard d’un autre cerveau (en l’occurrence celui d’un réviseur) est toujours utile!

C’est un phénomène que connaissent bien les écrivains, mais qui affecte tous ceux qui ont à rédiger : quand on écrit un texte et qu’on le révise, notre cerveau n’en voit plus les lacunes. S’il manque une information, il ne s’en rendra pas compte: il sait déjà toutes les informations que le texte doit contenir et il va combler mentalement les lacunes sans s’en rendre compte. De même, quand on a vu passer dix versions d’un même texte, notre cerveau se remémore les versions précédentes et nous empêche de voir les défauts de la version actuelle.

Il y a deux solutions à cela :

1) Laisser reposer un texte six semaines et y revenir après avoir fait autre chose ;

2) Le faire lire par quelqu’un d’autre.

Comme, dans la plupart des cas, ceux qui rédigent des textes dans un contexte professionnel n’ont pas toujours six semaines à leur disposition, il est préférable d’envisager la seconde option. Dans ces cas-là, un réviseur peut être utile. Il n’y a aucun mal à tester ses écrits auprès des autres : si nous avions un cerveau bionique, nous pourrions le faire tout seuls. Mais notre cerveau, aussi merveilleux soit-il, n’a pas cette capacité.

Pour l’anecdote, de grands auteurs comme Neil Gaiman ou Stephen King font régulièrement l’éloge de leurs lecteurs-tests, ceux qui lisent leurs manuscrits avant la soumission à un éditeur. Si de grands bonzes de la littérature le font (et ces deux-là ne sont pas les seuls), pourquoi pas vous?

Lettres désordonnées? Aucun problème!

Sans doute avez-vous déjà vu passer sur Facebook ce petit texte parfaitement lisible, même si les lettres centrales de chaque mot sont en désordre. Ce texte montre à quel point notre cerveau arrive à passer par-dessus les fautes pour recomposer le sens des phrases. Pour les rédacteurs, cet avantage cognitif a un inconvénient majeur : on voit difficilement les coquilles d’un texte, surtout les inversions de lettres. Comme ce phénomène est pire pour les textes qu’on écrit, le regard d’un autre constitue une aide précieuse…

 

Lettres-désordre